Ces derniers jours, je voulais un peu flâner dans les rues pour prendre des photos et te les faire partager, cher fan, mais jusqu’à aujourd’hui il faisait un temp de chien. Et maintenant qu’il fait beau et chaud (13 degrés, wouaouuuu), je suis malade. Ouaiiiis.
Donc je vais m’assoir en face de toi un moment et discuter tranquillement des différences de mentalités entre la France et le Québec. Ouais ça va être chiant tu le sens.
Si on devait caricaturer les québécois et les résumer en un mot, ça serait “Politically correct”. Merde, ça en fait deux. Par cette expression, j’entends que ce sont des gens extrêmement respectueux qui tentent de faire le moins de vagues possibles. Ca a ses qualités et ses défauts. Parmi ces derniers, on peut noter que celà entraine une certaine hypocrisie latente. Par exemple, quand un québécois ne comprend pas ce que vous dites à cause de votre accent ou bien de vos expressions françaises, il ne va pas vous demander de répéter ou bien d’être plus clair. Il va dire “ouais ouais” et passer à autre chose.
Cette sorte de fuite du conflit (mot un peu trop fort mais qui doit bien représenter leur mode de pensée) se retrouve un peu partout. On peut aussi remarquer que le politiquement correct se manifeste parfois à outrance (enfin surtout pour nous, vils et pervers français) lorsqu’on voit par exemple que les gens ne se font pas la bise. D’homme à femme ou bien de femme à femme, c’est une cordiale poignée de main qui s’opère dans la majorité des cas. Alors je ne vous parle même pas d’homme à homme, ceux ci étant en plus “complexés” par le pouvoir de la femme, beaucoup plus émancipée et dominatrice qu’en France. Mais ça c’est encore un autre sujet que j’aborderai plus tard. A mon arrivée ici, ne sachant pas cela, j’ai été surpris de voir que les québécoises étaient gênées quand je leur faisais la bise, ou bien que parfois elles ne savaient tout simplement pas la faire (genre deux gros poutous de grand mère sur les joues).
Ainsi, le français a plus ou moins une image de personne franche, directe et décomplexée. Je trouve personnellement qu’on n’est francs que quand ça nous arrange et qu’il reste une grande part d’hypocrisie, mais cet aspect grande gueule (aussi bien dans le bon que le mauvais sens) que l’on a n’existe pas vraiment au Québec. J’avais déjà dit ici que l’on était réputé pour nos manifestations et grèves spectaculaires en comparaison de leurs petits défilés. Et bien généralement, si on demande à un québécois de caractériser les français, on obtiendra souvent la réponse “Les français, ils se PLAIGNENT tout le temps”.
Voilà voilà, tout ça pour dire que les deux cultures sont vraiment différentes, qu’il n’y en a pas une meilleure que l’autre, et que le dépaysement que je vis est plus fort que prévu.
Bon, ces derniers jours, j’ai un emploi du temps de star. Du coup, je ne peux pas t’abreuver de nouvelles et relater mes péripéties extraordinaires. Mais je posterai dès que possible quelques photos de la ville maintenant qu’il fait chaud (8 degrés et pluie demain, wouhouuu). Et puis j’ai plein de trucs à raconter : les cabanes à sucres, les soirées chez des gens qu’on ne connait pas, mais en ce moment j’ai vraiment du mal à trouver du temps pour rédiger quoi que ce soit dessus.
Pour aujourd’hui, voilà quelques trucs en vrac que j’ai remarqués depuis mon arrivée et qui diffèrent par rapport à la France :
Au québec, les jurons, appelés ici sacres, sont basés sur le vocabulaire religieux. Quelques exemples dans une liste non exhaustive :
Tous ces mots peuvent être utilisés entant que noms, adverbes, adjectif, verbes… Par exemple “Hostie d’calice de téléphone à clapet !”. Ou encore “On décalice” pour dire “On s’en va presto”. Sans parler de “J’te décalice”, qui veut dire que je te défonce la tête avec insistance.
Il y a aussi des déviations de ces mots, pour adoucir un peu le truc j’imagine. Exemple : “Tabarouette”.
Bref, c’est assez fourni de ce côté là, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Ici aussi il y a des manifs :
Sauf qu’ils étaient à peu près douze.
Apparemment on n’a pas dans ce pays la culture de la grève comme on l’a en France. Bon, ok, c’était prévisible. Mais mon chef me l’a confirmé en me faisant part de son étonnement quand, à chaque fois qu’il vient dans ma mère patrie, il se mange une grève de trains/autobus/enseignants sur le coin de la tronche. Il est même admirateur devant tant de mobilisation, là où à ses yeux l’Amérique du Nord est plus individualiste. “Et puis ici l’armée viendrait surement te faire virer tout ça presto !”, me rajoute-t-il, en me faisant part de son émerveillement face aux “victimes” des grèves bloquées dans la circulation qu’on interviewe à la TV et qui restent pour la majorité calmes voir compréhensives.
On m’a expliqué qu’à Montréal, la société était en quelque sorte un peu “matriarcale” : ça fait très féministe tout ça. Beaucoup de métiers qui sont chez nous considérés comme “des trucs de mecs” (police en tête) sont ici occupés en grande quantité par des femmes. Et dans le même état d’esprit (et c’est là que je veux en venir) ce seraient les femmes qui feraient le premier pas pour les rencontres zamoureuses. Je n’y croyais pas trop, mais il semblerait que c’est plus ou moins vrai. Attention, MISE EN SITUATIOOON :
Je prends le bus en sortant du boulot. Je suis frigorifié. Je sors un gros “BONJOUUUR !” bien franchouillard au chauffeur du bus. Apparemment on dit plutôt “allo” (et on dit “bonjour” pour dire au revoir, oui faut suivre) mais je sais pas, des québécois se disent bonjour entre eux, et puis j’ai peur de trop faire le gars qui a tout compris et qui sl’a pète en balançant du dialecte local au bout de 3 jours. Mais si ça se trouve, peut être bien qu’à chaque fois les gens veulent me tuer en m’entendant dire bonjour pour dire bonjour alors qu’on doit dire allo pour dire bonjour, bonjour servant à dire au revoir. Enfin bref.
Donc, je sors mon meilleur bonjour au chauffeur. A ce moment, je vois une tête feminine se dresse vers moi dans le bus. Et avec un sourire. “Oui ça va je sais, je suis un ptit frenchy de plus, hinhinhin” me dis-je. Je m’assieds à côté de la demoiselle, seule place assise oblige. Au passage, je manque de me vautrer par terre à 2 reprises en faisant le chemin vers le siège, tout secoué par le bus. Ça la fait rire. J’ai l’air con. Je lui demande si c’est bien le bon bus pour aller où je veux. Elle me répond par l’affirmative, avec un bon sourire qui, bien que très amical, me fait comprendre que j’ai bien l’air d’un peaumé. A juste titre.
Le bus s’arrête, nous sortons. Quand elle se lève, elle me regarde fixement et me dit quelque chose tout doucement, que je n’arrive pas à comprendre, bonnet sur les oreilles oblige. Je sais juste que ça commence par un “hey” et que ça finit par un clin d’oeil. Je ne fais pas tellement attention. Je trace ma route jusqu’au métro, en marchant derrière elle. Elle se retourne régulièrement et m’envoie des sourires zarbis. A ce moment, je suis comme un petit puceau qui ne comprend pas ce qui lui arrive. J’ai l’air d’un con. Elle va à un quai du métro, moi je vais à un autre. Fin.
Peut-être que je psychote, mais même si elle m’a envoyé tous ces signes en pure amicalité (le premier qui me dit qu’elle se foutait juste de ma gueule j’le “calisse”), c’est un comportement que je n’ai JAMAIS vu en France. Et surtout pas à Aix, la ville de la fille anorexique à papa qui te défigure du visage quand tu la croises. Quoi que voulait dire le comportement de cette fille, il traduit bien le contraste que je ressens vis-à-vis des français : les gens sont directs, tout en restant respectueux et aimables. Bien sur il y a des cons hein, il y en a partout faut pas déconner non plus. Mais il y a clairement un différence de mentalité. Il me reste 6 mois pour bien la cerner.